

Feuilles de soleil et Franchir la distance sont, à leur façon, les traces laissées par une voyageuse de l’errance dont l’écriture fait entendre la voix du déracinement, de l’exil. Les deux recueils, jusque-là inédits, sont réunis et publiés en version originale espagnole et en traduction française de Jean-Pierre Pelletier. Pour lui, écrire, traduire, c’est au fond une seule et même activité où l’on ne cesse de s’interroger sur le métissage des êtres et des genres, le rythme de la voix et de ses bruissements dans les langages de l’identité. «Nous sommes tous, écrit-il, à des degrés divers, des voyageurs de l’errance. Nous arpentons le monde: en imagination, tel un pèlerin immobile; lors de déambulations nocturnes dans les rues d’une ville, ou encore de pérégrinations qui nous amènent d’un continent à un autre, de notre terre natale en sol étranger. Le pays espéré, imaginaire, est le lieu où l’on essaie de transposer les racines du songe sur papier. Cardinal déboussolé, du moins au départ, on cherche l’étoile, principe ou point d’ancrage où prendre appui afin de donner au réel prise sur le rêve. Et c’est là que peut commencer un séjour dont, peut-être, seul le hasard nécessaire détermine l’issue ou l’envol. C’est là que la poésie d’Yvonne América Truque nous invite.»
